Urbanisme : pied au plancher, droit dans le mur

Droit-dans-le-mur

A l’occasion de son numéro de juillet / août, le FLASH publiait un article « Vers un PLU modernisé ». Trois pages sur la révision du PLU ! Trois pages qui confondent quantité et qualité…

Le Plan Local d’Urbanisme est pourtant un document stratégique, fondant la politique de développement urbain de la commune pour la décennie à venir. Habitat, construction, voirie, réseaux, équipements, protection de l’environnement et du cadre de vie… tous les aspects du quotidien s’y retrouvent.

Dans cet article, tel un mauvais étudiant de première année de droit, l’auteur (anonyme) se contente de régurgiter un cours mal appris, théorique et bateau. Mais où est Carignan dans tout ce fatras ? Fermez les yeux (ou plutôt si, ouvrez les) et demandez vous si tous ces poncifs ne sont pas transposables à toute autre bourgade que vous connaissez.

Néanmoins, au travers de ces grandes généralités que je connais bien pour les avoir lues mille fois dans d’autres communes, un sujet est éludé avec une inquiétante application : la vision de nos élus s’agissant du développement démographique à 10 ans de Carignan.

1 200 habitants en 1968, près de 4 000 en 2016. Et demain ? 5 000 ? 8 000 ? 10 000 ?

Se lancer dans une révision sans évoquer cette dimension démographique revient à mettre la charrue avant les bœufs. Cette étrange application à éviter ce sujet majeur étonne. Nos élus n’auraient-ils pas le courage de révéler leur ambition du développement de la commune ?

 

Au-delà de ce constat, au travers des permis de construire déposés récemment et des panneaux de (gros) chantiers qui fleurissent, le maire semble confondre une nouvelle fois vitesse et précipitation. Obnubilé par les « pertes » engendrées par le déficit en logements sociaux, ce dernier oublie qu’un PLU sert à PLA-NI-FIER. Autrement dit prévoir, organiser.

Permettre la construction de près de 300 nouveaux logements comme ce fut le cas à l’occasion de la dernière modification du PLU (votée en novembre 2015) ne signifie pas que toutes ces nouvelles constructions doivent sortir de terre tels des champignons après la première averse d’automne ! Pourtant, plus de 90 logements seront accordés dès la première année, contre une vingtaine en temps normal. Équipements publics, politique d’accueil et réseaux… aurons nous les moyens d’accompagner correctement ce rythme effréné ? Aucune réponse satisfaisante n’est apportée par nos édiles. S’en soucient-ils ? Ils sont pourtant les garants du bon accueil de ces nouveaux habitants et du développement harmonieux de la commune.

Rien de plus terrible qu’une politique d’urbanisme conduite pour de mauvaises raisons. Un PLU ne sert ni à combler les déficits, ni à éponger les taxes SRU !

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